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Ce blog présente des critiques de films vus en salle, des critiques de séries et éventuellement de films vus à la télé.
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Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu, de Woody Allen
Anthony Hopkins et Naomi Watts. Warner Bros. France

Après les fadasses "Vicky Cristina Barcelona" et "Whatever Works", je commençais à douter sérieusement de la capacité de Woody Allen à aligner consécutivement deux films corrects. Si le Woody Allen des années 80/90 ("Annie Hall", "Manhattan", "Maris et femmes"....) semble désormais bien loin, on espère pourtant, chaque année, tomber sur un bon cru, manière de croire encore que le new yorkais a encore quelque scénarios de derrière les fagots à nous offrir. Avec "Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu", c’est un Woody plutôt bon auquel on a droit... Ouf, il était temps !
Sur une trame et une construction assez classique, et récurrente dans son cinéma, Woody Allen met en scène des histoires de couples qui, ici, ont la particularité de tous partir plus ou moins en vrille, dans un récit qui tourne autour de la frustration et du besoin que peut ressentir chacun d’aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs. Une façon pour la douzaine de personnages mis en scène dans le film de tenter de redonner un sens à leur vie, de repartir sur de nouvelles bases après un échec.
Et la sauce prend... presque miraculeusement. D'abord parce que les acteurs sont tous très bons. Naomi Watts en tète, et plus belle que jamais. Ensuite, parce que les personnages, au demeurant simples, sont, pour la plupart extrêmement touchants, proches de nous et que les dialogues fins et bien écrits font mouche comme ce n’était plus arrivé depuis bien longtemps dans un Woody Allen.
Film faussement drôle, plutôt amère même, aux faux airs de vaudeville intello, "Vous allez rencontrer…" serait donc la bonne surprise du mois, le film que l’on n'attendait plus d’un réalisateur qui donnait l'impression, ces dernières années, d'écrire ses scénarios à la chaine et qui, là, revient presque à son meilleur niveau avec un truc sans prétention, mais très séduisant, plein de surprises et d’histoires d’amour de tous âges qui s’entrecroisent et se répondent  pendant 1h35 que l’on ne voit pas passer.
 
Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu - ma note pour ce film :
Réalisé par Woody Allen
Avec Naomi Watts, Antonio Banderas, Josh Brolin, ...
Année de production : 2010
"Simon Werner a disparu…" de Fabrice Gobert
Diaphana Films

Avec "Simon Werner a disparu…" Fabrice Gobert propose un "teen-movie policier à la française", intrigant et ludique, que l’on suit avec l'esprit d'un gamin que l’on avait en lisant "le club des cinq" ou en regardant les nombreux feuilletons et films d’aventures destinées à la jeunesse dans les années 70/80. Les années 80, ou plutôt le début des années 90, c’est là où semble se situer l’action du film. Et même si les posters aux murs des chambres, les vêtements, la musique et l’absence de technologie moderne (portbazles, ordinateurs)  paraissent nous indiquer que nous nous situons ebien à cette époque,  le langage et l’aspect extérieur des habitations nous laissent plus penser que l’auteur n’a pas voulu situer son histoire exactement dans une époque précise, mais plutôt dans un mélange de période actuelle et de ces année- là. Aussi bizarre que ce choix puisse paraitre, cela ne nuit en rien à la fluidité du récit et au plaisir que l’on ressent à suivre à la trace ces quelques élèves d'une classe de terminale dans un lycée, au demeurant comme les autres, mais dans lequel il semble se passer bien d’étranges choses.
Dans son film, Fabrice Gobert a décidé de raconter la disparition de Simon Werner selon le point de vue de différents élèves, distillant ainsi au compte-goutte, les informations concernant les faits précédents le moment ou un corps est retrouvé par les lycéens, dans un bois voisin, après une soirée d’anniversaire.
Qui est ce mort ? Pourquoi Simon Werner disparu ? Pourquoi certaines personnes se comportent bizarrement ? Que font les flics au lycée ? Pourquoi y a-t-il du sang dans la salle de Physique ? Pourquoi d’autres élèves disparaissent eux aussi à leur tout ?
Le réalisateur jouent sur les faux-semblants brouille les pistes pour nous éloigner un peu plus d’une vérité que l’on imagine évidemment toute autre que celle vers laquelle le scénario et le montage veulent nous amener.
Si le film est un jeu de piste, avec ces ados qui s’amusent à se faire peur, nous, de l’autre coté de l’écran, on se prend naïvement au jeu et on se laisse porter par ce "Cluedo automnal", où un banal lycée d’une sage banlieue parisienne devient alors le lieu de toutes les intrigues.
Pour son premier essai, Fabrice Gobert signe là un film modeste et intelligent, où il pose les questions des apparences, des peurs et des fantasmes propres à l’adolescence ; le tout sublimé par la musique de Sonic Youth (on aura reconnu au passage l'excellent "Schizophrenia" et de Killing Joke et son inusable "Love Like Blood"!
 
Simon Werner a disparu… - ma note pour ce film :
Réalisé par Fabrice Gobert
Avec Jules Pelissier, Ana Girardot, Serge Riaboukine, ...
Année de production : 2010
Des hommes et des dieux, de Xavier Beauvois
Mars Distribution

Comme tout le monde, je suis allé voir "Des hommes et des dieux", et comme tout le monde (ou presque) j’ai aimé ce film. Et, chose rare, je rejoins l’unanimité critique, tant il il parait bien difficile de pas adhérer au message de paix et de fraternité véhiculé par ce grand film signé Xavier Beauvois. L’histoire, on ne va pas revenir dessus, tout le monde la connaît. Pour ce qui est de la forme, c’est assez conforme à ce que l’on pouvait en attendre, à  savoir un cinéma dépouillé, avec une succession de tableaux, tous très beaux, racontant par bribes la vie au quotidien de ces moins trappistes dans leurs tâches les plus banales (prières, jardinage, vie en communauté, rencontres avec les autochtones...) sans que ce ne soit jamais ennuyeux ni contemplatif. Car la grande réussite de Beauvois est justement d’avoir su parfaitement  filmer l’inaction, l’ordinaire en le rendant passionnant, par ses choix de mise en scène, par ses choix d’acteurs tous plus épatants les uns que les autres, à commencer par Michael Lonsdale ébouriffant de sagesse dans son rôle de vieux médecin du village. Mais là où le film se révèle tout aussi passionnant c’est dans la façon qu’il a de montrer les luttes d’influences entre les hommes, comment, après de nombreuses discussions, le choix de ne pas fuir face à une mort probable va devenir une évidence pour tous ces moines, refusant finalement de quitter leur  terre d’accueil et d’abandonner les algériens à leur sort.
Et quand résonne "Le lac des cygnes" de Tchaïkovsky  dans la petite cuisine du monastère, au moment ou les moines semblent entamer leur dernier repas, buvant comme pour un jour de fête, du vin rouge, c’est l’émotion qui l’emporte avec ces visages d’hommes filmés au plus près, dans des cadrages à la Sergio Leone, partagés entre craintes, doutes et la joie, sans doute, de rejoindre une forme d’existence plus céleste.
 
Des hommes et des dieux - ma note pour ce film :
Réalisé par Xavier Beauvois
Avec Lambert Wilson, Michael Lonsdale, Olivier Rabourdin, ...
Année de production : 2010
The Town, de Ben Affleck
Ben Affleck et Jeremy Renner. Warner Bros. France

Assez déçu par la première réalisation de Ben Affleck ("Gone Baby Gone"), j’attendais (au vu des critiques globalement élogieuses lues ici et là) de "The Town" un polar solide et bien ficelé. Au lieu de ça, j’ai eu droit à un polar mou du genou, avec dedans un bluette à deux balles, des scènes de fusillades, des poursuites en voiture entre gendarmes et voleurs et pas grand chose autour. Pas de quoi fouetter un chat et surtout penser que Ben Affleck est un grand réalisateur.
Pourtant, tout avait plutôt bien commencé avec, dès l’entame du film, un scène de braquage haletante et bien amenée mettant en scène un bande de voyous de Boston habituée à écumer les banques de la ville, conduite par Doug, "le beau gosse de la bande qui réfléchit pour les autres" (joué par Ben Affleck). Au cours du braquage, ils prennent en otage une employée qu’ils relâchent assez vite tout en maintenant une étroite surveillance sur elle les jours suivants. C’est Doug qui s’en charge, mais à force de rapprocher un peu trop sa surveillance, il tombe amoureux de la jeune femme.
Inspiré d'un roman de Chuck Hogan, "The Town" se révèle finalement être un banal film du dimanche soir, la faute d’abord à un scénario facile, sans surprise et sans grand ressort dramatique, qui se résume à un banal jeu du chat et de la souris entre la bande de Doug et l’équipe du FBI emmenée par un flic sans charisme, interprété par Jonn Hamm, nettement moins convaincant que dans la série "Mad Men". Mais là où le film déçoit aussi pas mal c’est dans le manque d’ambition affiché par Affleck qui avait là un beau sujet autour de la ville et de la famille et qui aucun moment ne va au bout de son idée. Le rôle au père est à peine effleuré et l’utilisation de la ville de Boston se résume à des plans d’hélicos et quelques scènes de course-poursuite dans les rues étroites de la ville. Pour le reste, c’est sans surprise avec une fin convenue et que l’on voit arriver  à des kilomètres. Bref, gardez vos sous et attendez le passage sur canal dans quelques mois.
 
The Town - ma note pour ce film :
Réalisé par Ben Affleck
Avec Ben Affleck, Rebecca Hall, Jon Hamm, ...
Année de production : 2010
Inception, de Christopher Nolan
Christopher Nolan et Leonardo DiCaprio. Warner Bros. France

"Inception" débute assez mollement avec quarante cinq premières minutes assez longues qui nous amènent péniblement au cœur de l’intrigue du film, à savoir une périlleuse mission pour Dom Cobb (Leonardo Di Caprio dans un registre proche de celui de "Shutter Island" qui commence sérieusement à lasser) qui consiste à pénétrer le subconscient du fils d’une puisant industriel pour le contraindre à revoir sa position sur la suite à donner aux affaires de son défunt père. Pour cela, Cobb engage une équipe de spécialistes (façon "Mission impossible") qui vont l’aider dans sa tâche de manipulation mentale. Un exercice de haut vol, qui, s’il réussit, permettra à Cobb de retrouver enfin ses enfants desquels il est séparé depuis la mort mystérieuse de sa femme dont il est présumé coupable.
Film ludique et labyrinthique, Inception est d’abord un film visuel, bourré d’effets spéciaux plutôt réussis (explosions au ralenti et destructions à foison), assez clipesques, mais qui s’intègrent bien dans une intrigue, certes assez complexe, qui fonctionne un peu comme un jeu video, avec ses différents niveaux mais qui n’a aps forcément pour but de nous embrouiller plus que ça, si bien que le film se termine sans que l’on ait trop de question à se poser, bref tout le contraire de "Lost" ou de "Mulholland drive", dans un autre registre.
Si l’on retrouve bien dans Inception des correspondances avec le cinéma de Cronenberg, Lynch, avec aussi les James Bond ou Matrix, le film n’apporte rien de spécialement neuf,  si ce n’est sur l’aspect technologique, n’évitant pas les lourdeurs de scénario propres aux grosses machine hollywoodiennes avec un paquet de bons sentiments dont on se serait bien passé mais aussi une psychologie des personnages assez sommaire, des dialogues parfois lourds et trop explicatifs au profit d’une mise en scène toujours spectaculaire et  parfois trop démonstrative, faite de scènes d’action parfois surprenantes. Mais Nolan est suffisamment malin et doué pour faire de ce film un thriller de science-ficton divertissant et plutôt intelligent pour que l’on fasse trop la fine bouche par rapport à tout ce que l’on peut voir habituellement sur les écrans l’été en matière de blockbuster.
 
Inception - ma note pour ce film :
Réalisé par Christopher Nolan
Avec Leonardo DiCaprio, Marion Cotillard, Ellen Page, ...
Année de production : 2010
Toy Story 3, de Lee Unkrich
Pixar Animation Studios

Aujourd’hui, et depuis le succès de Toy Story, la plupart des studios produisent des films sur le modèle Pixar, avec plus ou moins de réussite, mais remplissant quasi à chaque fois les salles et leur tiroir caisse.

Alors, 14 ans après le premier Toy Story, 11 ans après le second (tout aussi bon), ce n'est pas peu dire que l’on attendait avec impatience le 3ème volet des aventures de Woody et Buzz l’éclair. Et on avait bougrement  raison !

  Car si le temps a passé, si "Shrek" et "L’Age de glace" sont passés par là, la joyeuse bande de  jouets emmenée par Woody le cow-boy n’a pas pris une ride et fonctionne toujours aussi bien. Dans cette 3ème partie, Andy est devenu grand et au moment de rentrer à l’université, il doit vider sa chambre et choisir de se séparer ou non  des joujoux qui ont bercé son enfance. Jetés par mégarde aux ordures, ils finissent par atterrir dans une garderie. Un paradis, mais qui en réalité se révèle très vite être un enfer pour nos pauvres jouets.

 

Véritable régal pour les yeux autant que pour l’esprit, Toy Story 3 comme ses prédécesseurs est un spectacle de haute tenue, où l’aventure et le romanesque vous tiennent en haleine du début à la fin. Bourré de références au cinéma d’animation (Miyazaki), au cinéma horrifique ou encore à Tim Burton, le film bénéficie d’une qualité écriture comme on n’en avait plus eu chez Pixar depuis Cars : Gags inventifs, émotions bien dosée, clins d’œil sans facilité, humour fin (la tirade de Grand Corps Malade sur le terrible secret de Lotso, l'ours en peluche est un must !), sens du rythme, suspense garanti, scénario béton… bref, tout confère à ce film le statut de "grand cru" dans la cave Pixar et c’est tant mieux surtout après les bien mièvres et décevants "Wall-e" et "La-haut". 

Avec ce brillant  tome 3, la trilogie "Toy Story" constitue (avec l’excellent "Small Soldiers" de Joe Dante) ce que l’on a vu de mieux au cinéma dans des films mettant en scène des jouets. Foncez-y !!

 

 
Toy Story 3 - ma note pour ce film :
Réalisé par Lee Unkrich
Avec Tom Hanks, Michael Bully Herbig, Jean-Philippe Puymartin, ...
Année de production : 2010
Tournée, de Mathieu Amalric
Le Pacte

Décidément j’ai beaucoup de mal avec Mathieu Amalric réalisateur. Tellement attaché à l’homme et à l’acteur, je persiste à aller voir ses films avec chaque fois, au final, le même résultat : de l’incompréhension, de l’agacement et surtout beaucoup d’ennui.

"Tournée", dont on a beaucoup parlé à Cannes, d’abord pour l’éloge critique qu’il a reçu et ensuite pour son Prix de la Mise en Scène, arrivait donc en salle avec les meilleures prédispositions qui soient et donc l’espoir pour moi de voir enfin un film intéressant du réalisateur de "mange ta soupe"... ben non !
La mise en scène, pour commencer, est certes sympa, drôle par moment, très Cassavetienne, (j’ai pensé aussi à Otar Iosseliani) mais en rien exceptionnelle et on se demande encore : "pourquoi ce prix ?". Pour le reste, il y a cette formidable idée de tournée du New Burlesque, une troupe d’anglaises grassouillettes qui se produisent dans des villes de province sous la conduite d’un boss caractériel, aigri, maniaque, ancien producteur télé, de retour dans son pays. Mais voilà, le problème c'est que ce film ne raconte rien, ne débouche sur rien et sonne le vide, ou presque, du début à la fin. Hormis la scène de drague à la station service avec Julie Ferrier où là il y a quelque chose qui prend, qui touche, pour le reste, c’est le vide sidéral, avec un scénario inexistant (même si on déjà vu de bons films sans scénario !), des dialogues trop écrits et une fausse complexité du personnage (archi caricatural du cinéma intello français) de Joachim qui ne dégage rien, n’apporte rien au film. Alors si l’énergie est le moteur du film, comme on veut bien nous le dire ici et là, elle ne fait pourtant pas avancer ce film longuet et répétitif à remiser aux cotés des récents films de Desplechin ou Honoré.

 
Tournée - ma note pour ce film :
Réalisé par Mathieu Amalric
Avec Miranda Colclasure, Suzanne Ramsey, Linda Maracini, ...
Année de production : 2010
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