
Palme d’or glacée mais palme d’or méritée pour l’autrichien Michael Haneke qui avec "Le ruban blanc" signe effectivement un des plus beaux films vus en cette année 2009. Un des plus beaux films parce que, visuellement, le père Haneke touche à la quasi-perfection avec son noir et blanc splendide qui confère à certains plans une dimension photographie indéniable. Au-delà de l’esthétique, c’est la mise en scène aussi qui frappe avec une maîtrise du cadre, du hors-champ et des enchaînement entre les séquences assez impressionnant de malice et de fluidité.
La beauté mise de côté, reste l’histoire de ce village allemand protestant troublé par une suite d’évènements plus ou moins inexplicables. Pendant plus de deux heures, Haneke, avec sa caméra, va ausculter toutes les personnages, nous décrire leur psychologie, leur habitudes, pour en faire presque tous des suspects un peu comme dans un roman policier.
Sans une once d’humour ni de gaieté, avec une violence souvent plus psychologique que physique, où par exemple les enfants du pasteur sont interrogés comme des criminels, le film se révèle assez terrifiant par ce qu’il montre et nous fait dire pour le coup que... c’était pas mieux avant !
Mené et haletant comme un film à suspense, "Le ruban blanc", avec ses têtes blondes aux visages fermés et inquiétant rappelle évidemment "le village des damnés" de Wolf Rilla (1960), le cinéma d'Hitchcock où encore l’ambiance que l’on pouvait trouver dans certains épisodes de la série "La Quatrième Dimension" (The Twilight Zone), voire des premiers "The avengers".
Avec toutes ces qualités qui en font un grand film de cinéma (beauté formelle, acteurs imepccables, alternance de mometns de grâce et de moments de violence...), "Le ruban blanc" finit par vous hanter l’esprit longtemps après la projection... sans doute par le fait qu’il ne répond pas vraiment aux questions qu’il pose (comme d’ailleurs souvent chez Haneke) mais aussi et surtout par la force des images et par le côté dérangeant de ce qu'il raconte.
Le Ruban blanc
- ma note pour ce film :