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Alors, 14 ans après le premier Toy Story, 11 ans après le second (tout aussi bon), ce n'est pas peu dire que l’on attendait avec impatience le 3ème volet des aventures de Woody et Buzz l’éclair. Et on avait bougrement raison !
Car si le temps a passé, si "Shrek" et "L’Age de glace" sont passés par là, la joyeuse bande de jouets emmenée par Woody le cow-boy n’a pas pris une ride et fonctionne toujours aussi bien. Dans cette 3ème partie, Andy est devenu grand et au moment de rentrer à l’université, il doit vider sa chambre et choisir de se séparer ou non des joujoux qui ont bercé son enfance. Jetés par mégarde aux ordures, ils finissent par atterrir dans une garderie. Un paradis, mais qui en réalité se révèle très vite être un enfer pour nos pauvres jouets.
Véritable régal pour les yeux autant que pour l’esprit, Toy Story 3 comme ses prédécesseurs est un spectacle de haute tenue, où l’aventure et le romanesque vous tiennent en haleine du début à la fin. Bourré de références au cinéma d’animation (Miyazaki), au cinéma horrifique ou encore à Tim Burton, le film bénéficie d’une qualité écriture comme on n’en avait plus eu chez Pixar depuis Cars : Gags inventifs, émotions bien dosée, clins d’œil sans facilité, humour fin (la tirade de Grand Corps Malade sur le terrible secret de Lotso, l'ours en peluche est un must !), sens du rythme, suspense garanti, scénario béton… bref, tout confère à ce film le statut de "grand cru" dans la cave Pixar et c’est tant mieux surtout après les bien mièvres et décevants "Wall-e" et "La-haut".
Avec ce brillant tome 3, la trilogie "Toy Story" constitue (avec l’excellent "Small Soldiers" de Joe Dante) ce que l’on a vu de mieux au cinéma dans des films mettant en scène des jouets. Foncez-y !!

"Tournée", dont on a beaucoup parlé à Cannes, d’abord pour l’éloge
critique qu’il a reçu et ensuite pour son Prix de la Mise en Scène,
arrivait donc en salle avec les meilleures prédispositions
qui soient et donc l’espoir pour moi de voir enfin un film
intéressant du réalisateur de "mange ta soupe"... ben non !
La mise en scène, pour commencer, est certes sympa, drôle par moment, très Cassavetienne, (j’ai pensé aussi à Otar Iosseliani)
mais en rien exceptionnelle et on se demande encore
: "pourquoi ce prix ?". Pour le reste, il y a cette formidable idée
de tournée du New Burlesque, une troupe d’anglaises grassouillettes qui
se produisent dans des villes de province sous la
conduite d’un boss caractériel, aigri, maniaque, ancien producteur
télé, de retour dans son pays. Mais voilà, le problème c'est que ce film
ne raconte rien, ne débouche sur rien et sonne le vide,
ou presque, du début à la fin. Hormis la scène de drague à la
station service avec Julie Ferrier où là il y a quelque chose qui prend,
qui touche, pour le reste, c’est le vide sidéral, avec un
scénario inexistant (même si on déjà vu de bons films sans scénario
!), des dialogues trop écrits et une fausse complexité du personnage
(archi caricatural du cinéma intello français) de Joachim
qui ne dégage rien, n’apporte rien au film. Alors si l’énergie est
le moteur du film, comme on veut bien nous le dire ici et là, elle ne
fait pourtant pas avancer ce film longuet et répétitif à
remiser aux cotés des récents films de Desplechin ou Honoré.